Le niveau de maturation : un moyen de structurer l’offre de jeans denim ?

mondenim.com (c) Copyright 2013

Pas facile de décrire avec précision la teinte d’un jeans parmi une infinie variété de nuances d’indigo du plus foncé au plus délavé.

Au fil du temps, les marques de denim ont élaboré chacune leurs propres procédés de coloration et de délavages, et rivalisé de créativité dans les noms de leurs modèles : Stone Rinse, One Wash, mais aussi Dark Blue, Crystal Blue, Blue Reborn, Royal Rinse, Solid Blue, Indigo Crushed, Contrast indigo ou encore Clean Wash…

Au point que pour se faire l’idée de la couleur d’un jean, la meilleure solution reste de regarder sa toile denim.

Une devinette : quel est le point commun entre certains fromages (Parmesan, Comté…), certains alcools (Rhum, Porto…) et le denim? Pas grand-chose à première vue? Et bien si : ces produits évoluent tous sous l’effet du temps : l’affinage pour le fromage, le viellissement en fût pour certains alcools, et le délavage pour le denim.

Si la maturation, en tant qu’effet du temps, est utilisée pour structurer l’offre de certains produits alimentaires (le Comté -de 6 mois à 24 mois ou le Porto -5 ans à 15 ans d’âge, voire davantage-), qu’en est-il pour le jeans?

Avec l’avènement de la mode vintage dans le prêt-à-porter, l’empreinte si particulière qu’ a le temps sur le jean et la parfaite maîtrise par les denimiers des procédés de délavage de la toile denim, on peut tout à fait imaginer qu’à un degré de délavage donné corresponde une équivalence en terme de durée d’utilisation : ainsi un jeans vintage équivalent à 2 ans de maturation sera logiquement plus délavé qu’un jean à 6 mois d’âge.

C’est en tout cas l’approche que commencent à adopter certaines marques, parmi lesquelles la marque de denim californienne KORAL LOS ANGELES avec sa ligne “Lived For length“, qui propose des nuances de délavage de 0 (brut) à 48 mois, ou encore EDWIN, qui propose au sein de sa gamme SEN un assortiment de modèles dont le délavage est l’équivalent d’un jeans de 1 an, 2 ans et 4 ans d’âge.

mondenim.com (c) Copyright 2013

Jeans et denim de A à Z : l’Effet usé

mondenim.com (c) Copyright 2012

L’Effet usé (ou “vieilli“) est une tendance majeure de la mode jeanswear : il sublime l’une des caractéristiques intrinsèques à la toile denim : celle de se patiner avec le temps, c’est à dire de se bonifier progressivement comme un beau cuir, faisant de l’usure naturelle une marque de personnalisation et de vécu valorisante, quand elle n’est que faute de goût ou manque de soin rédhibitoire pour la plupart des autres matières.

Bien entendu, l’Effet usé s’obtient naturellement au fur et à mesure que l’on porte et que l’on lave son jean.
Mais il est surtout aujourd’hui beaucoup utilisé par les marques de denim dans la réalisation de certains de leurs modèles, pour les personnaliser et faire ressortir la subtilité chromatique ou structurelle de la toile denim.
C’est dans ce cas-là une sorte d’anti jeans brut, qui lui est préservé de tout procédé de vieillissement préalable.

L’Effet usé fait appel aux procédés de délavage classiques, qu’il s’agisse du Stone Wash ou du Stone Bleached, mais aussi les procédés plus récents, comme le Wattwash de Marithé et François Girbaud ou le traitement à l’ozone du Temps des Cerises.

Il est aussi question des méthodes de personnalisation par les éraflures, plus ou moins marquées, pour un style plus ou moins trash.

Le recours à l’Effet usé est partie intégrante du style jean vintage, qu’il s’agisse de délavages plus marqués au niveau des plis ou des cuisses, ou encore d’éraflures de toute nature.

Les marques de denim rivalisent aujourd’hui de créativité et d’audace dans leur utilisation maîtrisée du vieillissement de leurs modèles, qu’ils s’agissent des marques de créateurs comme DSQUARED2 ou DOLCE & GABBANA, ou de marques de denim comme G-STAR ou DIESEL.

mondenim.com (c) Copyright 2012