Jeans et denim de A à Z : le jeans vintage

A l’origine, le vintage désigne des articles anciens de marques de prestige, et destinés à une petite minorité de passionnés.

Par extension, il s’agit aussi d’un article rétro et usité, dont le passé « porté » est de nature à en faire un article convoité.

Le denim n’échappe pas à la mode du vintage, sous l’impulsion des marques, pour lesquelles c’est le moyen de revisiter leur passé prestigieux ; le jeans vintage est, pour l’essentiel, un modèle mythique, emblématique de son époque, et réédité par la marque.

C’est d’ailleurs le concept de la ligne Levi’s Vintage Clothing ®, avec laquelle Levi Strauss revisite son prestigieux passé de pionnier du jeans.

Le vintage est en forte affinité avec les valeurs du jeans -notamment l’attachement à ses origines pour donner du sens à la vie d’aujourd’hui. Reste à prouver qu’il représente un modèle économique viable, et pas seulement en terme d’image, ce que la l’avènement actuel du jeans slub tend à suggérer.

mondenim.com (c) Copyright 2012 et 2015

Jeans denim culte : le 501 (R) de LEVI’S

C’est en 1890 que Levi Strauss et Jacob Davis donnent naissance au modèle Levi’s 501, un pantalon en toile denim brute de coupe large.

Doyen des jeans, Dieu des Dieux du denim, le Levi’s 501 est aussi le plus mythique de l’histoire de la célèbre toile indigo, véritable icône du fameux 5-poches aux rivets et surpiqûres orange. Comment expliquer une telle longévité, faisant fi des changements d’époques et de modes?

La vie du 501 est un roman qui traverse les 120 dernières années de la mode, et illustre sa capacité à évoluer régulièrement avec son temps:
*brut de brut pendant sa « carrière professionnelle » du début du XXème siècle
*dans les années 30, l’arrivée du Red Tab et sa conquête d’une clientèle plus jeune -qui ne veut pas d’un jeans de papa- en remplaçant boutons de bretelle et martingale par les passants de ceinture,
*le retour à l’essentiel occasionné par le rationnement de la guerre
*depuis l’après guerre, quelques mues successives (coupe plus droite) et variations sur le thème 501: déclinaisons de coloris (blanc, black, beige…) et de délavages (Stone Bleach, One Bleach).

Le 501 a longtemps incarné le nec-plus ultra du jeans, réussissant la quadrature du cercle -être à la fois premium (vendu au prix élevé pour l’époque de 500 Francs, soit 80€) et populaire à la fois; mais s’il reste un standard, sa situation s’est compliquée à partir des années 90, face aux assauts d’une nouvelle génération de marques ambitieuses et bien décidées à tuer le père… Le 501 ne fait plus rêver les 15-35 ans comme jadis, et c’est d’ailleurs un important défi que doit relever Levi’s aujourd’hui pour réenchanter le rêve que suscite son modèle fétiche et casser la spirale de sa banalisation.

Levi’s lui rend d’ailleurs un hommage appuyé, mais plutôt exclusif et délibérément tourné vers ses origines, avec sa ligne vintage Levi’s Vintage Clothing, qui propose dans son catalogue près d’une dizaine de rééditions de grands crus de 501, avec notamment les millésimes 1901, 1922, 1933, 1944, 1947, 1954, 1955 ou encore 1966.

Lire aussi les articles ‘Aux origines du denim : Levi Strauss‘ et ‘Saga des marques de jeans : LEVI’S‘.

mondenim.com (c) Copyright 2012

Les marques de denim “mainstream” à la manoeuvre sur le segment Premium

mondenim.com (c) Copyright 2012

Depuis les années 90, les marques de jeans grand public subissent les assauts répétés des marques de luxe ou de nouvelles marques de denim positionnées d’emblée sur le segment premium, et ont dû accuser une érosion de leur parts de marché et une perte d’attractivité de leur marque, notamment auprès d’une clientèle plus jeune.

Ces marques ne pouvaient pas rester sans réagir: l’une des ripostes consiste à s’attaquer au segment haut de gamme (le convoité premium) du marché du jean, par une ligne de produits plus exclusive, plus pointue, et…plus chère.

C’est le cas de Levi’s (R) avec Levi’s Vintage Clothing (R) (lire aussi l’article “Le phénomène “denim vintage”“), et Levi’s Made and Crafted, une forme de riposte aux jeans de créateur par une ligne de denims alliant modernité et inspiration traditionnelle.

C’est aussi le cas du label Blue Bell, ligne haut de gamme de Wrangler lancée en 2008, et produite intégralement en Caroline du Nord, et dont les effets délavés sont réalisés par un procédé au laser, pour un prix de vente autour de 250€.

L’italien Replay réagit également avec sa collection Red Seal, une collection de jeans pour Homme très premium vendus à 299€ (!), décrite comme “une ligne culte de denim supérieur”; les pantalons sont fabriqués en Italie à partir de précieuses toiles denim japonaises, et sont disponibles dans un réseau de boutiques de prêt-à-porter de luxe.

Gap n’est pas en reste, avec sa collection Gap 1969 (célébrant au passage la date de création de la célèbre marque américaine). Gap 1969 s’adresse aux hommes et aux femmes, et apporte un soin particulier aux détails et la qualité de finition de ses modèles, susceptibles de séduire une clientèle exigeante.

Enfin, Lee(R) a également trouvé sa parade avec sa gamme Lee 101 (R).

Ceci pour n’en citer que quelques unes, tant il faut s’attendre à une forte activité des marques grand-public sur ce segment si convoité du denim premium, tant il est créateur de valeur ajoutée, en terme d’image (la démonstration d’un savoir-faire qui impacte l’ensemble de la marque) et de revenus (des marges sensiblement supérieurs sur un segment sur lequel le prix d’achat n’est pas le client, le principal critère de choix).

mondenim.com (c) Copyright 2012