Bien choisir un jeans denim : le prix d’un jean est-il un bon critère de choix ?

On voit actuellement nombre de marques proposer leurs denims autour de 100€, et parfois beaucoup plus. Dans le même temps, on peut en trouver pour beaucoup moins cher, en hypermarché (le prix de vente moyen est d’environ 16€ le jeans), mais aussi dans certains grands magasins multi-marques. Bien sûr, il s’agit souvent de prix d’appel, ou simplement d’une offre destinée à une clientèle ne voulant ou ne souhaitant pas dépenser plus pour s’habiller.

L’existence même d’une offre aussi bon marché ne remet-elle pas en question la justification de prix 5, 10 voire 20 fois supérieurs ?

Le marché du denim se distingue par une très forte dispersion de prix (de 15€ à +300€, soit un rapport de 1 à 20), ce qui signifie que le consommateur trouve une justification à de telles différences de prix ; la concurrence est telle sur ce marché qu’un mauvais positionnement prix peut être fatal à une marque.

Acquérir un denim, point de rencontre entre la mode, le prêt-à-porter et de plus en plus le luxe, représente bien plus qu’acheter un pantalon. Le facteur rationnel intervient -entre la qualité de la toile denim utilisée, la précision et le confort de la coupe et le détail des finitions- mais aussi le facteur émotionnel : le statut auquel on accède en portant un jeans d’une marque donnée.

Et c’est là qu’interviennent les importantes dépenses en marketing des marques, peut être parfois excessives, mais qui ont précisément pour objectif de construire l’image de la marque, génératrice de sa désirabilité, et donc de valeur marchande.

Bien sûr, le contexte économique a tendance à remettre en cause certains fondamentaux, et inciter des marques, comme Cheap Monday, à proposer tout ou partie de leur gamme à des prix entre 60 et 80€. Et lorsque ces marques font un bon travail en stylisme et stratégie de distribution, assumant une proposition ‘value for money’ (bon rapport qualité / prix), elles ont une vraie place à prendre dans le cœur du marché.

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Acheter son denim en hypermarché : crime de lèse-majesté ou achat malin?

Le poids des Grandes et Moyennes Surfaces (Carrefour, Leclerc, Auchan…) dans les ventes volumes de denim en France est plutôt limité (un peu moins de 20%*) -ce qui contraste avec de nombreux marchés- la conséquence du dynamisme des boutiques mono-marques et multi-marques, mais aussi des particularités du processus d’achat d’un jeans (possibilité d’essayer) et des attentes en terme de choix (nombre de marques et modèles) et d’environnement.

Mais près de 20%, ce n’est pas non plus négligeable. La preuve qu’il existe une part de la clientèle qui plébiscite ce canal pour acquérir leur denim. Leurs principaux critères de choix? Le prix, mais aussi la marque, puisque ces dernières représentent près d’un jeans sur 2 vendu en hypermarché** – des marques comme Levi’s, Diesel ou encore Rica Lewis et Complices y sont notamment présentes.

Acheter un denim en hypermarché n’est naturellement pas un “crime de lèse-majesté” :
-ce circuit fait partie de la stratégie d’un certain nombre de marques, au même titre que les magasins multi-marques ou les magasins de déstockage.
-il contribue à la diversité des circuits de distribution du denim, en parfaite cohérence avec son statut éminemment populaire, notamment en pratiquant des prix bas (environ 16€** en moyenne pour une paire de jeans!)

D’autant que l’offre proposée, longtemps famélique, est sensiblement montée en gamme ces dernières années, ainsi que sa théâtralisation sur le point de vente. Les hypermarchés sont même au coeur de la stratégie de certaines marques, comme Rica Lewis (leader sur ce circuit), ou encore Complices, toutes deux dans une logique d’innovation et de sophistication de ses modèles, et dont l’offre produit est adaptée aux attentes spécifiques en hypermarché (importance des articles délavés, offre Enfants…)

Acheter un denim en hypermarché continuera malgré tout à être inconcevable pour une catégorie de clients et d’amateurs qui privilégient l’univers des marques et l’expérience en magasin spécialisé, ou qui sont accros à des marques qui n’envisagent pas le recours à ce circuit.

*source FEVAD – 2010
**source Panel Distributeurs – 2010

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