Génération jeans denim : SELAH SUE

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Selah Sue en live                    Photo Jérôme Pouille

Autant le dire tout de suite : nous sommes fan de Selah Sue, musicienne belge, à la fois auteur, compositeur, chanteuse et guitariste.

Remarquée dans l’émission Taratata aux côtés de Ben L’Oncle Soul, adoubée par des pairs ô combien prestigieux – elle fait en 2010 les premières parties de Prince ou Keziah Jones- Selah Sue a déjà su, à seulement 23 ans, imposer son style sur la scène musicale europénne, mélange de tendances Ragga, Soul et Reggae, d’abord à travers des reprises inspirées (notamment des titres de The Zutons),mais aussi et surtout avec ses propres compositions, regroupées dans un premier album qui fera date : l’album “SELAH SUE”, paru en 2011, énorme succès commercial, riche de titres incontournables comme Raggamuffin, Cray Vibes, This World, Explanation, Please (en duo avec Cee-Lo Green), ou -notre préférée Fyah Fyah.

A partir de 2010, Selah Sue se produit beaucoup sur scène, que ce soit dans divers festivals, en Belgique (Les Nuits Botaniques, Les Ardentes, ou Pukkelpop), aux Pays-Bas , en Suisse ou en France (Les Eurockéennes de Belfort), ou à travers sa propre tournée, souvent à guichet fermé.

Selah Sue fait partie des artistes pour laquelle le qualificatif “prometteuse” n’est pas usurpé; les Etats-Unis semblent d’ailleurs être une prochaine étape de cette carrière fulgurante… à suivre.

Si Selah Sue se produit dans des tenues vestimentaires variées, le denim reste un incontournable de sa garde-robe, en totale affinité avec son style, ses valeurs, pour tout dire sa génération.

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Le jeans denim est-il “l’uniforme” de la Génération Y?

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La génération Y, appelée également la ‘net generation’, ‘digital natives’ ou ‘e-generation’, définit la population (plutôt dans les pays occidentaux) née dans les années 80 et 90, qui a toujours connu l’informatique grand-publique, le téléphone portable, et a la culture de l’e-mail, et s’adapte aux nouveaux enjeux des réseaux sociaux.

A l’origine du “Y” : il s’agit de la génération qui suit la génération X (née dans les années 60 et 70). “Y” se dit “why” en anglais : autrement dit la population qui veut savoir pourquoi, qui veut connaître le sens de ce qu’elle fait. Qui est à la recherche d’un sens à ses actes et ses engagements.

La génération Y se distingue aussi par ses goûts vestimentaires, mélange de casual, sportswear et streetwear, mais aussi capable d’associer une pièce décontractée avec une pièce plus habillée : le jeans est plébiscité et est assorti avec une paire de sneakers ou de mocassins, une veste de costume ou un pull-over col en V, une chemise sans cravate ou un tee-shirt ‘fashion’.

Il est clair que les 15-30 ans -puisque c’est eux dont il s’agit – ont adopté le jeans et sont davantage prêts à débourser de 100 à 200 € pour acquérir le seconde peau, là où leurs parents ne pouvaient concevoir dépenser plus de l’équivalent de 80€ pour le fameux Levi’s 501.

A tel point que l’on peut se demander si le denim n’a pas pour cette fameuse génération Y une valeur implicite d’”uniforme“? Question provocatrice, qui insinuerait que le port du denim ne serait qu’un pur signe d’appartenance, émanation d’un instinct grégaire, ou le libre arbitre n’a pas sa place.

Les 15-30 ans sont effectivement nés avec des marques comme Diesel, Replay, G-Star, ou encore Le Temps des Cerises.

Le denim est aussi et surtout en adéquation avec certaines de leurs valeurs, de leur quête de liberté et d’individualité.

Pour autant, on ne peut qualifier le jeans d’”uniforme” pour les 15-30 ans :

-d’une part parce qu’il leur arrive de porter autre chose qu’un jeans (si si : la preuve, le chino fait actuellement un retour remarqué)

-d’autre part, parce qu’ils sont à la recherche d’un jean qui leur ressemble, parmi une offre extrêmement large, et vont justement éviter de porter le même jeans que leur voisin ou collègue

Le jeans est entré dans l’ère de l’individualisation, tournant justement le dos à une forme d’uniformisation d’autrefois. C’est la raison pour laquelle il est capable de séduire les nouvelles générations, y compris la génération Z, née à partir de 2000, qui n’a pas dit son dernier mot…

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Le jeans denim, “tenue incorrecte” ?

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Le denim s’est imposé progressivement dans les codes vestimentaires de tous les jours à travers le monde, favorisé par sa robustesse, sa facilité d’entretien, et la grande diversité de son offre, que ce soit en terme de coupes (du slim ou bootcut en passant par le tapered, le 7/8 ou le loose), de coloris (toutes les nuances possibles de l’indigo -du bleu clair qui confine au blanc cassé -façon Stone Bleach- à l’indigo hyper-intense d’une toile denim japonaise brute, mais aussi désormais toutes les couleurs de l’arc-en-ciel) ou de finition (l’effet usé, le strass, les innombrables personnalisations…)

Le jeans fait effectivement partie de la garde-robe d’une grande partie des femmes, hommes et enfants du monde entier. Pour autant, le jean est-il considéré comme une ‘tenue correcte‘? N’est-il pas condamné à être confiné au style décontracté, et donc pas adapté à des situations exigeant des codes vestimentaires plus ‘habillés’?

Les exemples sont nombreux où le port du denim n’est pas le bienvenu, que ce soit :

-dans certains établissements type boîtes de nuit, clubs ou autres bars branchés, affichant (ou pas) la mention “Tenue correcte exigée

-sur un parcours de golf, où chinos et pantalons à carreaux règnent en maître : le jeans n’est pas l’ami des règles de bonne conduite du golf -la très respectée “étiquette”

-dans certaines soirées ou événement exigeant le port d’une “tenue de ville“, c’est à dire le costume sans le nommer

-dans un environnement professionnel strict et codé, exigeant un rôle de représentation ou de démarchage commercial etc…

Force est donc de constater que le jeans n’est pas, dans certains cas, considéré comme une “tenue correcte” ; pour autant, nous ne nous laisserons pas aller à la facilité d’un raisonnement par l’absurde, qui consisterait à en déduire que le jean est donc une tenue “incorrecte”.

La raison est simple : le denim reste l’incarnation d’un style vestimentaire “casual”, par définition incompatible à un environnement plus strict et habillé.

Pour autant, les mentalités évoluent ces dernières années, portées par l’avènement du jeans de créateur ou du jeans brut -sobre et sans fioriture, tendant à faisant évoluer le jeans vers l’univers du “casual chic” ou “smart casual“, à mi-chemin entre la tenue décontractée et la tenue habillée, et ce en particulier auprès de la Génération Y (née dans les années 80 et 90).

La preuve en est :

-le denim s’invite aujourd’hui dans des environnements qui ne lui étaient traditionnellement pas accessibles, comme dans certaines entreprises, grâce au ‘casual Friday‘ qui consiste à encourager la tenue décontractée mais soignée… le vendredi),

-le look jeans + veste + chemise tend à s’imposer auprès d’une certaine catégorie de leaders d’opinion, comme les artistes, animateurs TV ou musiciens (lire les articles de la rubrique ‘Génération denim‘)

En étendant progressivement son registre du ‘casual’ au ‘casual chic’, faut-il pour autant prédire que le jeans denim réussira progressivement à s’imposer au sein des codes vestimentaires les plus stricts? Verra-t’on un jour le président des Etats-Unis recevoir ses homologues en jeans non seulement à Camp David, mais aussi à la Maison Blanche? Verra-t’on un jour un pianiste se produire en jeans au Carnegie Hall ou à Pleyel, n’arborant pas seulement la toile denim en séance de répétition ou d’enregistrement?

Ce n’est pas sûr, tant l’on reste attaché à certains symboles et la solennité de certains événements.
Mais ce n’est pas forcément souhaitable non plus : le denim n’y perdrait-il pas une partie de ses valeurs, empruntes de liberté et opposées à un certain conformisme?

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Génération denim : Vincent Lindon et le jeans

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Vincent Lindon fait partie de la génération denim. L’un de ses looks fétiches : jeans Stone Wash, chemise blanche et veste de costume ou blazer et barbe de quelques jours, comme en témoigne la photo en médaillon, prise sur une plage (rétaise?).

Le jean sied parfaitement au comédien français, tant il correspond à son look casual parfaitement maîtrisé et une certaine classe naturelle, une forme d’incarnation du “French Lover”.

Vincent Lindon joue toujours très juste, car il est à l’écran comme il est à la ville; s’il adopte souvent le denim dans la vie de tous les jours, il en est de même dans nombre de ses rôles : “La Crise” (de Coline Serreau, 1992), “Tout ça pour ça” (de Claude lelouch, 1993), ou encore “ma petite Entreprise” (de Pierre Jolivet, 1999), pour n’en citer que quelques uns.

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