Les conseils de (non) lavage de son jeans par le PDG de LEVI’S

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Chip BERGH, le PDG de LEVI’S, vient de réussir une belle opération médiatique lors d’une récente conférence.

Au magazine Fortune qui lui demandait quelques astuces pour laver et entretenir son jeans, Chip BERGH a en effet créé la surprise en affirmant que la meilleure façon d’entretenir son jeans était de ne pas laver, en tout cas pas en machine, et de prendre son ‘propre’ exemple, indiquant que le jeans qu’il portait n’avait pas encore vu un lave-linge. Une tâche? Un simple lavage à la main avec séchage en plein air. Et l’incontournable congélateur pour faire disparaître les mauvaises odeurs.

Une belle occasion pour la célèbre marque US d’affirmer ses préoccupations sur le plan écologique, comme le montrent déjà plusieurs initiatives menées ces dernières années, par exemple le lancement de la gamme LEVI’S WATER<LESS, dont nous vous parlions début 2012 (lire notre article “Denim et consommation d’eau : le concept Levi’s Water<less“)

Nous sommes de notre côté convaincus que la trace écologique d’un jeans, souvent décriée à cause de certains procédés de coloration et de la consommation d’eau lors de la phase de délavage, s’avère finalement largement dépendre de la façon dont chacun entretiendra son jeans. Choisir un jeans brut et le laver le moins souvent possible – et à la main – en fait finalement un produit plus vertueux qu’il n’y paraît, pour autant que chacun se sente personnellement concerné, et donc acteur de sa propre trace écologique. Cela explique pour partie notre véritable passion pour le jeans brut.

Lire par exemple notre article -’Le jeans denim ‘auto-financé’ : c’est possible‘, ou encore ‘L’avenir du jeans denim passe par le développement durable‘.

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Men in denim Vs Men in suits

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men in denim

Cette photo (tirée de l’instagram DENHAM, que nous partageons ce matin sur https://www.facebook.com/mondenim), nous interpelle, tant sur le plan du message (éminemment politique) que sur le plan esthétique (le rendu très “underground” de la photo noir & blan au grain particulier, que renforce le rang de bouteilles d’alcool au premier plan pour une plongée dans un univers à la Jack Kerouac (‘son fameux roman ‘Sur la route’, 1957) ou David Lynch (son film “Blue Velvet”, 1986)).

L’opposition ‘Men in denim‘ vs ‘Men in suits‘ (hommes en jeans vs hommes en costume) est certes manichéenne. Car si la première partie de la phrase ‘Men in denim have built this land’ n’est pas contestable – les Etats Unis doivent beaucoup à plusieurs générations de travailleurs parés de leur jeans pour construire les voies ferrées, les routes et exploiter les mines-,  la seconde ‘Men in suits destroyed it’ est un message très punk – ‘no future’ – éminemment subjectif et pessimiste…

En outre, le jeans est devenu tellement universel qu’il devient difficile d’opposer ‘hommes en jeans’ aux ‘hommes en costume’, simplement parce que les hommes en costume sont souvent également en jeans à leur heures perdues, quand ils choisissent pas tout simplement d’associer jeans à veste de costume…

Mais au de-là d’un tel archétype, le principal message -intemporel- que nous en retirons finalement est essentiellement d’ordre attitudinal : il consiste à opposer l’état d’esprit pionnier / pragmatique qu’incarne le jeans, au conservatisme / dogmatisme et l’ordre établi qu’incarne le costume…

En somme, une sorte d’hymne à la “Denim attitude” qui nous parle forcément, et que nous pourrions résumer par cette invitation : ‘Be denim, wear denim‘!

(Lire aussi notre article ‘Le jeans denim ‘auto-financé’ : c’est possible’)

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Le jeans denim “auto-financé” : c’est possible

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Lorsque l’on envisage l’achat d’un nouveau jeans ou plus généralement d’un nouveau vêtement, le prix d’achat va logiquement être l’un des critères de choix importants.

Pourtant, à l’instar d’une automobile, un vêtement peut générer des dépenses d’entretien non négligeables : c’est le cas notamment des vêtements devant passer par la case pressing.

Ainsi, en intégrant le coût de l’entretien dans le prix de revient total, nous pouvons affirmer que, dans certains cas, le prix d’achat d’un jean est au minimum remboursé par les économies qu’il génère dans la phase entretien. Démonstration.

A ma gauche, un jeans denim classique, ajusté, brut ou soigneusement délavé, qui, assorti à une veste de costume et une chemise classique, va parfaitement faire l’affaire pour aller travailler. Bien entretenu, régulièrement lavé à la maison (en machine ou à la main), considérons que l’on peut porter ce jeans au total 200 fois dans un environnement professionnel (sur un nombre d’utilisations total estimé à 400 fois tout au long de la vie du jeans).

A ma droite, un pantalon de costume, assorti à la veste. Partons d’une moyenne : un lavage à sec à chaque fois dès qu’il a été porté 15 fois; sur un total de 200 fois équivalent au port du jeans évoqué à l’instant, cela fait donc 13 passages au pressing. Si l’on estime le prix du lavage à sec du pantalon au pressing à 7 €, l’entretien du pantalon de costume revient sur cette période à 91 € (7 X 13 €, vous suivez toujours?)

Ainsi, porter un jeans sur son lieu de travail en remplacement d’un pantalon de costume peut générer une économie de 91 € de frais de pressing, ce qui est comparable au prix d’achat de certains jeans, voire supérieur dans certains cas.

Bien sûr, cette démonstration n’intègre pas tous les paramètres, comme le coût réel du lavage du jeans chez soi, ou l’impact écologique d’un lavage à sec – ou en machine, tout comme elle n’intègre pas non plus ni le prix d’achat du pantalon de costume, ni la durée de vie souvent supérieure d’un jeans par rapport à certains autres pantalons.

En conclusion, toutes choses étant égales par ailleurs, il faut simplement retenir que le jeans est et a toujours été un vêtement économique à l’usage, au point de représenter dans certains cas une économie à l’entretien comparable à son prix d’achat, c’est à dire au point de s’auto-financer. CQFD.

Alors, le jeans va-t’il enfin s’imposer sur le lieu de travail? Il reste encore du chemin à parcourir, car interviennent alors d’autres paramètres, comme l’étiquette ‘casual’ que l’on continue souvent à poser sur le denim.

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