Le niveau de maturation : un moyen de structurer l’offre de jeans denim ?

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Pas facile de décrire avec précision la teinte d’un jeans parmi une infinie variété de nuances d’indigo du plus foncé au plus délavé.

Au fil du temps, les marques de denim ont élaboré chacune leurs propres procédés de coloration et de délavages, et rivalisé de créativité dans les noms de leurs modèles : Stone Rinse, One Wash, mais aussi Dark Blue, Crystal Blue, Blue Reborn, Royal Rinse, Solid Blue, Indigo Crushed, Contrast indigo ou encore Clean Wash…

Au point que pour se faire l’idée de la couleur d’un jean, la meilleure solution reste de regarder sa toile denim.

Une devinette : quel est le point commun entre certains fromages (Parmesan, Comté…), certains alcools (Rhum, Porto…) et le denim? Pas grand-chose à première vue? Et bien si : ces produits évoluent tous sous l’effet du temps : l’affinage pour le fromage, le viellissement en fût pour certains alcools, et le délavage pour le denim.

Si la maturation, en tant qu’effet du temps, est utilisée pour structurer l’offre de certains produits alimentaires (le Comté -de 6 mois à 24 mois ou le Porto -5 ans à 15 ans d’âge, voire davantage-), qu’en est-il pour le jeans?

Avec l’avènement de la mode vintage dans le prêt-à-porter, l’empreinte si particulière qu’ a le temps sur le jean et la parfaite maîtrise par les denimiers des procédés de délavage de la toile denim, on peut tout à fait imaginer qu’à un degré de délavage donné corresponde une équivalence en terme de durée d’utilisation : ainsi un jeans vintage équivalent à 2 ans de maturation sera logiquement plus délavé qu’un jean à 6 mois d’âge.

C’est en tout cas l’approche que commencent à adopter certaines marques, parmi lesquelles la marque de denim californienne KORAL LOS ANGELES avec sa ligne “Lived For length“, qui propose des nuances de délavage de 0 (brut) à 48 mois, ou encore EDWIN, qui propose au sein de sa gamme SEN un assortiment de modèles dont le délavage est l’équivalent d’un jeans de 1 an, 2 ans et 4 ans d’âge.

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Le jeans denim en voit de toutes les couleurs avec le fil de trame…

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Le denim est un tissu en coton composé d’un entrelacement d’un fil de chaîne teint (souvent indigo) avec un fil de trame clair; cela signifie que son procédé de teinture n’est pas ‘à cœur’, en d’autres termes que le coeur du tissu (le fil de trame) n’a pas la même couleur que l’extérieur du tissu (le fil de chaîne). Là est le secret du délavage du jean : en se décolorant progressivement, le fil de chaîne laisse apparaître le fil de trame, de couleur beige clair en général.

En général. Car certains fabricants de denim, toujours à la recherche d‘innovations, ont eu l’idée de teindre le fil de trame. Une idée simple qui va en faire voir de toutes les couleurs au jeans, car elle permet de créer des mélanges de couleurs inédits, au fur et à mesure que le jean se délave et révèle sa couleur de trame.

La meilleure illustration de cette trouvaille est probablement proposée par la marque canadienne NAKED AND FAMOUS DENIM  dans sa Collection Homme Automne Hiver 2012, avec les modèles suivants  :

-le WeirdGuy Dirty Fade Selvedge, réalisé avec un fil de trame marron, ce qui lui confère un effet ‘roots’ / sale au fur et à mesure qu’il se délave

-Le Red Core Selvedge (en WeirdGuy ou SlimGuy), réalisé avec un fil de trame rouge, qui va révéler sa couleur au fur et à mesure de son délavage, laissant augurer un effet très original, entre indigo et rouge…

On aurait pu penser que tout avait déjà été fait en terme de teinture de jeans, notammant avec le procédé de surteinture ces dernières années, qui permet aujourd’hui à certaines marques comme CIMARRON de proposer jusqu’à 70 teintes de jean différentes. Et bien que nenni. Teindre le fil de trame offre des possibilités chromatiques très importantes, de surcroît évolutives avec le temps, certes pas toujours esthétiques (gare aux associations de couleurs), mais très intéressantes dans le contexte de recherche de personnalisation et d’originalité qui touche la mode denim d’aujourd’hui.

A découvrir bientôt sur MONDENIM.COM : le modèle NAKED & FAMOUS WeirdGuy Dirty Fade Selvedge.

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Jeans denim du futur : que reste-t’il à inventer ?

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En 140 ans d’histoire, dont près de 70 ans comme l’une des pièces majeures de la mode vestimentaire de loisir, le denim a inspiré des générations entières de créateurs et de fabricants, pour s’exprimer dans une grande variété de versions, déclinées dans de multiples coupes, coloris ou procédés de personnalisation.

L’offre de jean est telle aujourd’hui -on dénombre plusieurs centaines de marques de jeans à travers le monde, avec des tailles de gammes qui peuvent s’élever pour certaines marques à plusieurs dizaines de modèles- que l’on peut raisonnablement se demander si les futures collections de jeans seront vraiment porteuses de nouveauté, ou au contraire surtout destinées à recycler des anciennes collections.

D’autant qu’une part des marques de jeans les plus créatives du moment, comme des marques de créateurs ou des marques de denim japonaises, ont tendance à revenir à des procédés de fabrication traditionnels (vieux métiers à tisser, confection à la main), voire s’inspirer des codes des vêtements de travail en denim de l’époque.

Mais alors, peut-on encore attendre à l’avenir des vrais nouveautés du côté du jeans?

En fait, on peut faire confiance au talent des créateurs et des fabricants pour continuer à réinventer le jeans en l’ancrant pleinement dans son époque, que ce soit sur un plan technique ou stylistique.

Puisque le denim peut être tissé avec d’autres fibres, on peut s’attendre à de l’innovation dans les matières utilisées, pour mettre en valeur des qualités spécifiques: qu’elles soient synthétiques (pour des qualités d’élasticité, d’isolation, de légèreté, de souplesse…) ou plus nobles (l’exemple du jeans et du cachemire, comme le propose NAKED AND FAMOUS).

On peut également s’attendre à des initiatives innovantes dans le domaine éco-responsable: la recyclabilité (coton recyclé, mais aussi fibres synthétiques recyclables à l’infini), la réduction de la consommation d’eau nécessaire au traitement des toiles denim (on connait déjà les procédés à l’ozone ou à l’ultra-son), ou encore des procédés de coloration moins polluants.

Par ailleurs, l’importance de la qualité du fit dans le succès d’un modèle est telle que l’on peut s’attendre à ce que les marques aillent toujours plus loin dans l’ergonomie, le confort et la mise en valeur des différentes typologies de morphologie: le denim sculptant, ou le denim 3D (G-STAR) nous réservent des surprises.

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La femme est-elle l’avenir du denim?

En terme de quantités de denims vendus en France par an, les femmes surclassent les hommes. Les femmes sont en effet devenues les plus accros au denim, et offrent un espace de créativité exceptionnel pour les fabricants, qui peuvent compter sur leur appétit de nouveautés d’une saison à l’autre. Ainsi, les collections Femmes sont-elles souvent à l’origine des évolutions stylistiques constatées dans la mode denim, certaines marques étant même dédiées exclusivement aux femmes.

Quel chemin parcouru! Car cela n’a toutefois pas toujours été le cas. Si le denim est porté depuis de 150 ans, c’est pendant près d’un siècle exclusivement par la gente masculine, d’abord pour un usage professionnel, puis lorsqu’il commence à s’impose pour un usage loisirs, après-guerre. Jusqu’aux années 50, le denim est donc une affaire d’hommes.

Puis vient l’idée à certaines femmes de porter un denim, de coupe masculine (c’est l’ancêtre du boyfriend!), puisque très peu de collections existents alors pour femme – une exception notoire : la gamme Lady Lee Rides (R), de Lee.

Ce n’est que dans les années 60 que le denim s’impose dans le vestiaire féminin, sous l’impulsion des premières collections dédiées aux femmes.

Un phénomène qui va s’accélérer à la fin des années 60, époque où le militantisme prônant la libération de la femme est à son apogée. Le denim devient même un symbole politique, vecteur de liberté corporelle nouvelle et de sexualité maîtrisée, bref l’un des facteurs d’accession à l’égalité Homme-Femme réclammée.

Dès lors, le denim va traverser les époques aux côtés des femmes, qu’il s’agisse des années 70 (le denim est le symbole vestimentaire représentant les années hippies), des années 80 (où l’on constate une grande uniformisation des styles denim Homme-Femme), et depuis les années 90 (l’avènement de l’individualisation et la diversification des styles) et jusqu’à nos jours, comme le montre la dernière grande innovation sur le marché: le denim sculptant (pour une silhouette pafaite), qui s’adresse pour le moment exclusivement aux femmes.

Alors, à la question : “La femme est-elle l’avenir du denim?”, la réponse est oui, tant en terme quantitatif (le nombre de denims vendus) que qualitatif (elles sont la principale source d’inspiration sur le marché aujourd’hui).

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Le denim “sculptant” : révolution ou simple phénomène de mode?

Le denim sculptant est un phénomène qui a démarré dans le courant des années 90, lorsque des marques, parmi lesquelles Salsa Jeans (collection Wonder), Liu Jo (collection Bottom Up), Paige Denim ou Miss Sixty, et plus récemment Levi’s (collection Curve ID) ont décidé de proposer aux femmes des modèles dont l’effet sur la silhouette serait soit-disant “miraculeux”, “bluffant”, en réponse à une forte attente en terme de fit, c’est à dire de qualité d’ajustement naturel d’un jeans à sa morphologie.

Effet d’annonce ou réalité? De l’avis général, c’est une réalité.

Grâce à la conception même des produits, très technique, qui a souvent fait l’objet d’un long développement, de nombre de brevets, et qui se traduit par le recours à diverses techniques, qui vont de l’ajout de plis ou de pinces, la tension de la fibre, une découpe arrondie entre ceinture et poches, conçues pour amplifier la chute de reins.

Le denim sculptant existe logiquement en de nombreux délavages, tailles, coupe de jambes et épaisseurs de toile.

Les promesses de ces jeans miracles? Offrir la meilleure coupe pour chaque morphologie, se rapprocher de la perfection, affirmer ses formes et non les cacher… Tout un programme, qui a forcément de quoi séduire, surtout lorsque la plupart des lancements de jeans sculptants ont été réalisé avec d’importants moyens financiers, notamment à travers des campagnes de communication.
Alors, une question : s’agit-il d’une révolution dans l’univers du jeans féminin, ou bien d’un simple effet de mode?

Sans parler de révolution, tout prête à penser qu’il s’agit bien d’une étape majeure et durable dans l’histoire plus que centenaire du denim : en ayant identifié précisément les attentes des femmes en matière de denim, en analysant scrupuleusement les différentes typologies de morphologies et en s’appuyant sur des techniques de productions très sophistiquées, les marques proposent des produits dont le bénéfice impacte directement la silhouette. Il n’y a donc aucune raison que cela se limite à un effet de mode ponctuel.

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L’avenir du jeans denim passe par le développement durable

Le denim éco-responsable n’est pas nouveau, mais il revient en force. Au-delà de l’urgence d’agir, l’éco-responsabilité est devenue un argument marketing, dont l’impact peut être important sur l’image des marques.

La plupart des fabricants de jeans ont en effet pris conscience de l’impact de la fabrication de leurs produits, tant d’un point de vue écologique (consommer moins d’énergie et d’eau, polluer moins), que sociétal (commerce équitable).

Face à la prise de conscience socio-écologique générale, les fabricants de jeans travaillent pour améliorer l’empreinte écologique de leur produits, en particulier dans la phase de finition.

Parmi les différentes initiatives les plus significatives :
*les marques tendent à délaisser progressivement le délavage par sablage, au profit d’alternatives comme le brossage, le traitement à l’ozone (Le Temps des Cerises) ou le laser (par exemple, le procédé Wattwash développé par Marithé et François Girbaud)

*de nombreux fabricants ont développé ou s’apprêtent à développer des mini-collections autour du développement durable, notamment en ayant recours à des toile denim biologiques, comme le proposent le hollandais Kuyichi, la jeune marque française Nu, ou encore le japonais ONE GREEN ELEPHANT (sa gamme Go Green).

*En lançant en 2011 son concept Levi’s (R) Water, Levi Strauss s’engage dans un ambitieux programme de réduction de la consommation d’eau nécessaire à la production de leurs denims, grâce à des procédés permettant d’atteindre une réduction moyenne de 20%, et jusqu’à 80% pour certains modèles.
Bien entendu, la plus grande source d’économie d’eau reste entre les mains du client final, par exemple s’engageant à réduire la fréquence de nettoyages de son cher denim.

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